La montagne ne se raconte pas vraiment. Elle se ressent.

Ce weekend, j’étais dans le Champsaur, dans les Hautes-Alpes. Ces vallées encore endormies sous leurs dernières neiges, ces torrents qui débordent de partout, ivres de fonte, qui couvrent tout de leur grondement sourd, et puis soudain, le silence. Un silence qui n’en est jamais vraiment un. Il respire, il craque, il murmure, il frissonne.

Le printemps de la montagne est quelque chose d’unique. La flore qui s’éveille timidement, les premiers narcisses qui percent entre les pierres comme pour narguer l’hiver qui s’accroche encore sur les sommets. On lève les yeux : de la neige. On baisse les yeux : du vert tendre, presque insolent. Ici, les saisons se chevauchent, se défient, coexistent.

Et ces sentiers… Chaque virage ouvre un décor nouveau. Pas de monotonie possible. La montagne ne se répète jamais.

Sur les chemins, on croise des randonneurs. Des inconnus qui partagent le même goût de l’effort, la même envie d’aller voir ce qu’il y a plus haut. Un regard, un sourire, un simple “bonjour”, et déjà on se comprend. Cette fraternité silencieuse du sentier, je ne la retrouve nulle part ailleurs.

Tout ça nourrit quelque chose en moi. Les décors s’impriment, les atmosphères s’accumulent. Ces paysages-là, sauvages et généreux, ont tout pour devenir le cadre d’un prochain roman, qui sait ? Il ne me reste plus qu’à trouver l’intrigue…

Et vous, vous avez une montagne qui vous inspire ?

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